Home Divers Comment améliorer sa présence vocale ? avec François Hollande

François Hollande discours du 14 janvier 2014

François Hollande a beau multiplier les apparitions sur le terrain et dans les médias :
il « n’imprime pas »…!
Pourtant en se positionnant comme  « normal » il a voulu incarner la sincérité, l’honnêteté, la modestie …
Des qualités fortes. Mais est ce valable et suffisant chez un chef ? Un chef d’état.

François Hollande souffre d’un déficit de présence, qui affecte sa fonction.
Qui ajoute à la déception politique, le découragement. Autrement dit le manque de perspective.
Le manque d’image ou de symboles.

Quoiqu’il fasse , son image « s’absente » et se dilue. Comme se diluent son autorité et la confiance dans sa personne.

On pourrait dire qu’il se produit un manque, qui impacte l’inconscient collectif. Un manque de Chef, de Père / Guide / Capitaine / Maitre d’œuvre…

Cela se ressent dans une présence corporelle, mal incarnée, mais aussi dans la voix.

Or de tout temps, le pouvoir s’est incarné dans le physique et dans la voix. La voix du Chef.

L’émotion, facteur-clé de la communication d’un leader

C’est un fait reconnu : le leader incarne la fonction. A travers lui (ou elle) l’opinion se reconnaît ou se divise. Se mobilise ou stagne. Le groupe, l’équipe ou la nation en ont  besoin comme d’une force d’entrainement. Une force qui porte vers l’avant. Qui encourage même à se dépasser.

Cela passe par les mots bien sûr, mais plus encore par la posture, le regard et la voix. Cela a été vrai partout, de tous temps, sous tous les cieux. Et ça l’est encore.

Nous nous souvenons émotionnellement, physiquement, des images et des sons, avant de nous souvenir de leur contenu. Les grands élans de De Gaulle, les mimiques de Giscard d’Estaing, les effets de tribune de Mitterrand, le paternalisme bonhomme de Chirac, le ton musclé de Sarkozy… Tout cela s’est imprimé en nous. Et chaque écoute, ou réécoute, renforce encore l’empreinte émotionnelle de ces chefs qui se sont succédé à la tête de la France. L’empreinte personnelle qu’ils ont laissée en nous, d’une façon indélébile.

La loi de Mehrabian

C’est ce qu’analyse la Loi de Mehrabian selon laquelle

  • 7% de la communication est verbale (par la signification des mots)
  • 38% de la communication est vocale (intonation et son de la voix)
  • 55% de la communication est visuelle (expression du visage et du langage corporel)

Même s’il faut prendre ces chiffres avec précaution, le principe reste vrai. Ce principe vaut pour l’appréciation ou le rejet de toute personne. Que cette personne soit privée ou publique.
C’est aussi vrai pour un entretien d’embauche, un rendez-vous amoureux, une prise de parole en réunion, un cours magistral ou une opération de vente…

La bonne nouvelle c’est que l’autorité ou le charisme  s’acquièrent ! Il existe des techniques pour apprendre à maîtriser sa voix, sa posture, sa communication verbale et non-verbale.

Un manque d’ancrage

Que nous dit la voix de François Hollande dans l’extrait sonore ci dessous ?

(Conférence de presse du 14 janvier 2014)
L’impression générale est celle d’une voix masculine qui ne prend pas toute sa place. Qui n’occupe pas pleinement son spectre sonore. Une voix qui manque de corps, de médiums et de graves relativement à son timbre. Une voix légèrement « décentrée ». En « posture haute » (concentrée dans le visage). Une voix qui manque d’appuis  (plexus / diaphragme). Donc fragilisée.

Ceci l’amène souvent à nasaliser (voix dans le nez). Ce qui l’enferme et l’empêche de s’élargir. D’où le sentiment d’une présence étroite et son corolaire : le manque de charisme.

En résumé, une voix qui se fait petite.
Ce qui peut trahir un manque de confiance en soi.

La couleur de la voix

Le ton est ferme et terne à la fois.
La diction est précise (en large amélioration par rapport à ses discours de campagne de 2012).
D’où un sentiment contradictoire de force et de doute en même temps.

En effet j’entends dans cette voix une forme de mélancolie. Lassitude ou tristesse ?
Sans doute produite par le contexte mais aussi par ces retenues qui sont le fond de la personnalité de François Hollande.
Soit un ton égal, un peu monocorde avec quelques élans timides.

La gestion du texte

Il ne s’agit pas d’une analyse de contenu – ce n’est pas le propos ici – mais une tentative d’écoute attentive des non dits du président. Et cela passe par la voix.

François Hollande semble nous lire une liste ennuyeuse d’actions extérieures et obligées qui ne le concernent pas…

Il est pourtant aux commandes. A lui de nous entrainer ou nous convaincre. Mais il semble manquer d’air…

Il y a des occasions manquées de faire respirer le discours. De redonner un peu d’espace à l’espoir,  synonyme d’une « positive attitude » pour les citoyens.

Exemple
Après : déficit de la balance commerciale (0′ 50) Un coup d’arrêt à été porté …
C’est l’action de Jean-Marc Ayrault qui en a été à l’origine…
C’est dit … Sans joie, sans élan.

1′ 04 – Les premiers résultats sont là…
Mériterait une respiration. Un arrêt pour laisser s’imprimer l’information dans l’esprit de chaque auditeur. Ce que pratique très bien, par exemple, Obama.

Parlant du chômage des jeunes et de la stabilisation du chômage.
1′ 22 – Une tendance se dessine… Triste. Faites nous-rêver Monsieur le président !

1′ 32 – A partir de : que faut-il faire ? Le propos s’anime un peu.

Le phrasé / Le rythme

François Hollande a tendance à éteindre ses fins de phrases. Comme autant de pétards mouillés (Français… route… économique… Dix dernières années)

Or en français l’élan et le sens de la phrase s’appuient en général sur la finale (mot ou syllabe). C’est à dire sur l’accent tonique. Celui qui donne le ton.
Sans cela l’écoute se déconstruit et s’égalise. L’ennui guette.

J’entends dans le phrasé du chef de l’état une énergie qui doute. Une parole qui avance en hésitant à la manière d’un récitant qui connaît mal son texte. Qui nous parle du bout des lèvres. Qui ne veut pas occuper l’espace central. Sur la réserve.

D’où un manque d’engagement, de modulations et de contrastes. Une certaine monotonie qui s’installe.

Sans tomber dans l’emphase des orateurs d’autrefois aux voix chantantes et déclamantes (Malraux / de Gaulle…), … il y a une mise bouche de la parole du leader qui correspond à une prise de pouvoir. Pouvoir sur les mots. Mais aussi pouvoir de la légitimité du chef qui n’a pas à s’excuser. Qui doit donner une portée à son message en l’accomplissant jusqu’au bout. Jusqu’au bout du sens et des sons. Jusqu’au bout de son énergie communicative.
Sinon l’intention s’éteint ou s’étiole…

Difficile alors de motiver les autres…

Les secrets d’une bonne diction

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    15 Réponses à cet article
      • Merci Pascal.
        Un bon exercice pour s’entrainer à… devenir président !
        Une manière aussi de nous rappeler que chacun de nous est à la fois imitable et inimitable… C’est là le talent de l’imitateur.
        Il est vrai que ça devient plus évident avec les personnalités publiques que l’on connait bien.

    1. Pour moi j’opterai pour la deuxième hypothèse : Hollande est resté petit…
      La voix trahit ce qu’on est et quoi que l’on fasse pour tenter de paraitre à son avantage le naturel finit toujours par reprendre le dessus.
      On peut sans doute corriger les défauts les plus « criants » d’une voix mais ça demande à chaque fois un effort et cet effort finit par ne plus tromper grand monde.
      La voix et le regard sont le miroir de l’âme et on ne triche pas longtemps en se réfugiant dans une illusion qui peut tromper les autres un moment mais qui ne nous trompe pas nous-mêmes.
      L’analyse de la voix de FH est très révélatrice de son manque de charisme et de conviction en effet.

      • La voix comme le physique sont le mix entre une morphologie, l’éducation et la culture. D’un pays à l’autre indépendamment de la langue locale, la voix ne se positionne pas de la même façon. Les femme japonaises ne placent pas la voix comme les européennes par exemple. Le parler de la banlieue résonne autrement que celui du centre ville, plus bourgeois… Etc.

        On peut changer sans vouloir « tromper » qui que ce soit.
        Ainsi des caractères que l’on croit établis, peuvent encore évoluer. On peut corriger le positionnement d’une voix comme on rééduque un muscle ou comme on apprend un instrument. En cohérence bien sûr avec sa personnalité.

        e

    2. il me semble me rappeler que la voix, la prise de parole c’est du talent certes, mais surtout beaucoup d’entrainement comme un sportif de haut niveau 😉
      dans la sphère des media on a vu des évolutions spectaculaires (peut être entrainées par vous Jean) mais que dire du conseiller en communication « choisi » par l’élysée !!! un certain monsieur S… ancien des média TV !!! et qui n’a jamais eu lui même l’ombre d’une once de charisme lui même ! ça me désole !

      • Monsieur S… ?
        Il est bien connu que les conseilleurs ne sont pas les payeurs !
        C’est pourquoi il faut être prudent avec l’auto célébration. je le dis pour moi comme pour les autres coachs… :-)
        Pour ce qui est de s’entrainer, c’est vrai !

    3. On peut changer une voix quand il s’agit d’assurance, mais quand il s’agit de combler un manque de savoir-faire ? Les anciens présidents font fait leurs armes en prenant des postes de … ministres par exemple.
      J’ai l’impression qu’il prononce des paroles qui ne viennent pas de lui mais sont une sorte de consensus pour ne pas déplaire tout en donnant l’impression d’avancer, mais sans conviction, puisque ce n’est pas son choix, mais la solution la moins pire : une synthèse des avis des nombreux conseillers qui l’entourent ….

      • Restons sur le terrain de l’observation technique ou comportementale qui est mon métier. Le commentaire politique… Pas envie d’y aventurer…

    4. Cher Jean. Oh combien je souscris à ton point de vue. En dehors de toutes considérations politique et de partis, et parce que mon métier est d’accompagner les Dirigeants, il m’a paru évident depuis toujours que F. Hollande n’a jamais eu l’envergure d’un Chef d’Etat, quand bien même il en a désormais le titre : la voix est celle d’un petit garçon, sans conviction, sans âme, sans élan, sans direction. Tout est en imposture, dans le sens « il n’est pas sa place ». Quand bien même il y aurait un travail sur la voix (et avec toi Jean, je sais qu’il serait entre d’excellentes mains), le travail en profondeur qu’il devrait faire serait de répondre à cette question : « pourquoi avez vous voulu être président, sincèrement ? ».
      Nathalie

    5. Merci Nathalie pour ce commentaire de pro.
      Le mot IM-POSTURE (contraire de POSTURE) me parait souvent disproportionné en français, Tant il s’y ajoute une connotation morale. Comme si de se tenir mal faisait de chacun un voyou ou un menteur ! Un imposteur !
      Ce n’est pas vrai pour François Hollande, même si « il n’a pas l’envergure ».

    6. Bien sûr tout ce que tu dis sur les manques/défauts/absence….de la parole de Hollande est évident.
      Je voudrais seulement attirer l’attention sur la vitesse avec laquelle d’une simple constatation d’un défaut certes très ennuyeux pour un président , certains passent fort vite à la condamnation ….à mort?
      et quand vous aurez brulé vif le bouc émissaire mal causant, vous croyez que la peste sera conjurée?
      En outre cet homme a une force de caractère, une ténacité remarquable, une pondération qui dans la situation critique de ce moment seront, plus tard , des qualités reconnues comme ayant préservé l’essentiel de la démocratie.

      Certes il faut un « bon  » parleur/bateleur de nos jours ! j’allais dire hélas car la parole ne suffit pas à faire d’un homme politique et surtout d’un président un bon président.

      Il faudrait se rappeler qu’Hitler était un excellent communiquant ! il a réussi à hypnotiser tout un peuple, et à tuer des millions de gens.

      c’est vrai la force du verbe est une force créatrice autant qu’elle peut être destructrice.

      Cher Jean, tu ne veux pas glisser dans la chose politique mais dès facto le statut de la personne dont tu analyse la voix ainsi que le contexte te précipite dedans….

      bises complètement politiques
      michèle Rouhet Articles récents…stage initiation et perfectionnement été 2014My Profile

      • Bonjour Michèle
        Tu as raison sur le fond. C’est d’ailleurs l’éternel débat du fond et de la forme.
        C’est parce que la forme a pu produire le pire (toutes les dictatures passées, y compris le 20ème siècle) qu’elle mérite qu’on y réfléchisse.
        De tous temps le pouvoir se met en scène. Il y a toujours un podium, une estrade, une tribune, un décor, des ors et de la pompe…
        Parce que nous sommes des humains et que l’égo ne fait pas des égaux. Il veut être vu et entendu. Et je pense que si certains font métier de faire de la politique c’est qu’ils y trouvent leur rôle. Ce que je ne critique pas car ils ont une fonction de représentation nécessaire.
        François Hollande est sans doute un homme honnête et compétent, mais sitôt qu’il a envisagé d’enfiler l’habit du pouvoir, il prend une dimension qui dépasse sa personne. Et même si on s’en souvient ensuite comme un bon gestionnaire, comment nier l’ennui général en cette période de morosité généralisée.
        Mon métier est aussi de prendre des exemples pour aider d’autres personnes à s’améliorer dans leur expression, leur affirmation de soi ou leurs prises de parole.
        Je te remercie sincèrement de ton éclairage.
        D’ailleurs le débat n’est pas clos… :-)

    7. Bonjour,

      Je viens du site de Xavier Ristat, premier article que je lis. Je dois dire que je suis plutôt content d’avoir découvert ce site :)

      M’intéressant à la communication non verbale, je me suis intéressé à la voix depuis quelques temps dans le but de parfaire mon ton et de décoder celui des autres, nul doute que je trouverais ce dont j’ai besoin ici !

      Merci Jean, et à bientôt,

      Henry. L

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