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Samedi 7 janvier, j’étais l’invité de l’émission de Laurence Garcia sur France Inter,
Le sujet de l’émission : « Ces voix (et ces mots) qui nous gouvernent ». posait les questions suivantes :

  • Est-ce que la voix d’un orateur peut influencer notre choix ?
  • Y a t’ il pour chacun de nous, un savoir faire, à tirer de l’exemple des politiques ?

 Comment une voix peut-elle influencer notre décision ?

– Quand notre choix n’est pas fait.
– Quand les idées exprimées par l’orateur ne sont pas en accord avec son image   (cohérence)
– Quand il y a « mauvaise impression ».

Faire bonne ou mauvaise impression…

L’impression c’est le physique, les attitudes, la voix bien sûr, les mots, le vocabulaire et d’autres paramètres tels que l’accent, le caractère (emporté, posé, froid, monocorde, chaleureux, etc.)
On peut regretter que le débat politique ne soit pas uniquement un débat d’idées. Certaines personnes s’en offusquent ou s’énervent de cette part accordée à la voix ou à l’apparence. Sous entendu à l’aspect : « superficiel ».

L’histoire du XXème siècle nous rappelle combien les questions de forme (rhétorique / éloquence), de talent (tribun) ou de voix (puissance), ont toujours été déterminantes. Combien elles comptent dans l’équation qui préside au choix d’un chef, d’un responsable, d’un Président. Combien elles font partie de « la gagne ».
L’impression, c’est la part affective, émotionnelle, « personnelle » et même intime de la relation à un leader. Les leaders le savent et en jouent. Parfois jusqu’à l’excès, jusqu’au culte de la personnalité et même l’identification à un dieu…

Comment la voix agit-elle sur l’auditeur ?

La voix envoie des sons et des fréquences. L’oreille interne (l’ouïe) les réceptionne et fait le tri.

  • Les fréquences médiums et gravent nous bercent ou nous caressent. Nous rassurent souvent. D’où leur usage dans l’expression d’une autorité posée.
  • Les fréquences hautes et tendues, nous excitent ou nous agressent selon leur durée et leur intensité.

D’aitres paramètres jouent également, que j’appelle : « distance affective ».  Soit la distance déterminée par la proximité ou l’éloignement de l’orateur. Distance physique, morale ou idéologique quand il s’agit de politique.

Quand il s’agit d’un leader politique on ne peut nier les effets de séduction ou la fascination qu’exerce sa présence physique et sa voix.
Effet démultiplié par le nombre (militants) et par l’esprit de corps (parti / groupe / clan, etc.)
Parfois jusqu’à la perte du sens critique, jusqu’à l’aveuglement.

Le charme de Tino Rossi ne répond plus…

Il y a de multiples raisons d’aimer ou de « détester » une voix. Des raisons personnelles, affectives, culturelles, éducatives, historiques, associées à un moment fort.

Exemple : la voix De Gaulle écoutée dans la clandestinité a marquée de nombreux français. Comme un signal. Comme la voix de l’espérance, opposée aux voix nasillardes de la collaboration. C’était alors LA voix en dehors de tous critères esthétiques.

Avec les époques, les voix changent.
Les voix politiques, évoluent avec les modes. Nos dirigeants ne s’expriment plus comme autrefois André Malraux ou le général De Gaulle. A qui parle aujourd’hui le timbre flûté de la voix de Tino Rossi ?

Dans la campagne électorale actuelle (2012), comment agit sur nous et combien pèse la voix de chaque candidat ? Mélenchon, Eva Joly, Sarkozy, Hollande, Villepin, Bayrou… ?
Chacune a son caractère et ses colorations.
Chaque candidat en bateleur averti va s’efforcer de donner poids à ses mots pour motiver, entrainer, é-mouvoir (mettre en mouvement) un électorat plus ou moins flottant ; convaincre les indécis.

A ce stade de la compétition, chaque défaut « d’image ou de son » risque d’être pénalisant. Comme d’ailleurs chaque mot de trop ou de travers, dans un contexte obsédé par les évaluations ; avec des parieurs médiatiques jouant et rejouant le « match » à longueur de sondages….

Le double pouvoir de la voix

La voix est un outil et une fonction. Elle s’exerce par un pouvoir double.

  • Pouvoir du message. Le contenu. La manière de le présenter, de le structurer, de mettre en valeur tel ou tel mot, telle idée, donner des exemples, illustrer, chiffrer, le rendre intelligible, agréable, facile. Ce que l’on appelle l’éloquence…
  • Pouvoir de la personne. Physique, voix, timbre, gestuelle, couleur de la voix, charisme, séduction, prononciation, accent, etc. Caractères de la diction, du souffle, du phrasé, de l’élocution, de la modulation.

Note : Le « pouvoir de la voix » ne veut pas dire « perfection » (qui n’existe pas).
Au contraire les « défauts » quand ils ne viennent pas faire barrage à la compréhension et qu’ils sont assumés participent à la force du message.
Qu’y a t’ il de plus ennuyeux qu’un discours trop propre qui manque de corps.

La voix de la cohérence

Inutile de s’inventer une voix qu’on n’a pas. La supercherie (même inconsciente) n’est pas payante.
Pourtant beaucoup de personnes qui n’aiment pas leur voix essaient d’aller la chercher ailleurs… mais où ? Certains politiques s’y essaient aussi. Malgré soi peut être. Pour se donner de la force, se grandir, se légitimer.

La véritable quête est celle de l’amélioration en cohérence avec soi même. Avec sa morphologie, sa culture, son style, ses valeurs, son époque, le contexte, etc.  La prise de parole devant 50 personnes n’est pas la même que devant 500 ou 1000.
La voix en studio n’est pas la même que dans une grande salle ou en plein air.

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