Votre expression orale est votre meilleure alliée pour convaincre, séduire ou vous imposer. Cela, vous le savez. Mais ce que vous ignorez peut-être, c’est le pouvoir magique de votre voix !

Lire également : ces voix qui nous gouvernent. 7 conseils aux particuliers

Subir en silence ou agir en conscience.

Le terme  « manipulation » n’a pas bonne réputation quand il est associé à l’idée d’obtenir par la contrainte psychologique ou la faiblesse de l’interlocuteur des bonus indignes. C’est le synonyme d’abuser.

Réciproquement ne rien faire pour s’améliorer c’est se laisser manipuler par défaut.
C’est souvent laisser nos défauts parler à notre place. Ou prendre trop de place.
C’est en quelque sorte se trahir soi même.
Car l’expression de soi est un outil de notre communication. A maitriser.

La manipulation positive consiste donc à donner le meilleur de soi à notre public ou à nos interlocuteurs. C’est « l’art de se faire des amis » dont nous parle Dale Carnegie. C’est comprendre la nature humaine. Et en jouer… positivement.

Comme un casting de cinéma

La question de la voix ne se posait pas il y a quelques années. Chacun se disant, « je suis comme je suis ». Mais ce temps-là est fini ! Impossible aujourd’hui d’ignorer cet aspect de la personnalité qui définit le lien social.

S’exprimer bien, avec aisance et de façon posée, fait la différence, quand le moindre entretien d’embauche ressemble à un casting de cinéma où il est demandé : compétence, ouverture, présence, affirmation de soi, autorité, sourire… Tout !

S’agissant de la voix, c’est apprendre à l’utiliser dans un registre large, au service d’une parole plus vivante, à la fois sensible et sincère. C’est : parler « de tout son être », de tout son cœur et de tout son corps.

La voix « sympathique »

10 à 50 % de la sympathie ou de l’intérêt que nous suscitons passe par la voix.
La voix agit par le message délivré autant que par ses vibrations (fréquences). Par “résonance sympathique”.
C’est ce qui produit le « taux d’agrément ». C’est à dire l’adhésion intime à la voix qu’on entend.
Les campagnes publicitaires, les annonces à la radio, le charisme de certains orateurs ou le pouvoir mobilisateur d’un leader politique sont fondées sur ce taux.

Prendre conscience de cela entrouvre la porte d’un autre monde…

La vibration de la voix nous atteint plus profondément et plus vite que les mots. Au téléphone par exemple, en quelques secondes, nous ressentons le malaise ou la gêne d’un ami. Dans un simple : « bonjour… »

Mes « portraits de voix » de personnalités politiques, durant la dernière campagne électorale, repris par tous les médias, m’ont permis de montrer l’instantanéité de la voix et sa richesse. (Europe 1 / France Culture / France Inter / Le Monde / TF1 / Challenges, la Chaine Parlementaire, etc.)
Pour en savoir plus, lire : Portraits de voix, mode d’emploi.

Parler comme un américain…

Une bonne partie de notre culture de la relation ou du marketing, s’inspire du modèle américain. Essentiellement oral. Quelques uns de mes amis du blogging voudraient s’incarner en un Tony Robbins par exemple. Icône de la prédication moderne qui mobilise les foules et les dirige à la voix.

Ils oublient souvent que l’américain parlé est porteur d’une énergie à pleine bouche qui claque dans ses syllabes courtes, qui enfle dans ses sons de gorge et ses voyelles fortes. N’importe quelle interview de quidam américain le prouve.

Le français parlé quant à lui, a beaucoup perdu de sa force au cours des deux derniers siècles. Expression figée, voix rentrée ou « aérienne » consonnes ramollies, débit précipité…  Le français oral doit « travailler » pour mobiliser l’attention. Et soulever l’enthousiasme.

Auto-analysez votre voix

On est souvent le plus mal placé pour évaluer son propre taux d’agrément.
Pourquoi les gens nous écoutent ? Jusqu’à quel point ? Et pourquoi ils nous lâchent ?… Pourquoi ils nous font confiance et pourquoi ils nous quittent ?

C’est pourquoi il faut apprendre à s’écouter avec les oreilles d’un autre. Et se demander : qu’est-ce qui passe dans cette voix, ma voix ?

Je propose quelques critères d’analyse :

  • Le taux d’agrément.  Quelles sont les qualités intrinsèques de ma voix ?
    Timbre. Hauteur. Placement. Intensité. Modulation, etc.
    Défauts : voix haute / dure / sous pression / rentrée / monocorde
  • L’intelligibilité. Quelles sont mes qualités d’élocution, de phrasé, de diction ?
    Défauts : paroles mangées / dédit rapide / diction relâchée

A lire : 7 conseils pour une bonne diction

  • La cohérence. Est-ce que mon «image vocale » est raccord avec ma personne
    (Exemple une « voix d’ado » au débit précipité chez un homme de 35 ans).
    Défauts : diction ânonnée / ton trop familier ou scolaire
  • L’autorité. Est-ce que ma voix aide à poser mon propos ?
    Posture, regard, respirations, tonicité de la voix.
    Défauts : Phrases enchainées sans respirer / débit panique / tics
  • Personnalité. Quel est mon style ? Humour / charme / liberté de tons…
    Défauts : expression banale / récitée / « absente »
  • L’énergie / Est-ce que ma voix est dynamique ? souriante ? accueillante ?
    Défauts : Excitation surfaite / sourire forcé / masque fermé

Je le sais, apprendre à s’écouter n’est pas la chose la plus facile ou la plus naturelle chez une majorité de personnes. L’affectif prend souvent le dessus : « j’ai pas de voix… » « j’aime pas ma voix… »
Il est temps de s’appliquer à soi-même la manipulation positive !
Apprendre à tirer de soi le meilleur parti.

Quelques conseils pour agir

Pour mettre en valeur vos qualités

  • Il faut d’abord les connaitre
  • Apprendre à s’en servir

Quelques outils indispensables et faciles :

  • Un bon enregistreur (Iphone / magnéto / ordi
  • De bonnes écoutes
  • Un miroir

Je vous recommande de vous écouter dans les conditions où l’on écoute la musique que l’on aime. C’est le minimum si l’on veut être à la fois objectif pour sa voix et respectueux de soi.
Le miroir intervient pour vérifier la mobilité du visage et pour « faire sortir » les expressions.

Exercez-vous

Je vous propose de tester vos capacités à jouer de votre voix sur une phrase connue,
de Serge Gainsbourg : « Je suis venu te dire que je m’en vais... »
En vous enregistrant

1 – Une première fois dites la phrase,  de manière forte, comme à une personne éloignée (à 10 mètres).
Donc en faisant porter la voix.

2 – Une deuxième fois dites la phrase comme à l’oreille de quelqu’un. C’est à dire à 1cm du micro.
Sans toutefois murmurer. C’est à dire en timbrant. (Ne pas parler seulement sur du souffle).

3 – Entre ces deux interprétations, je vous propose maintenant de dire la phrase de 5 autres façons (minimum). En jouant sur :

  • les niveaux sonores (effet de proximité ou de distance)
  • les modulations (mélodie intérieure de la phrase).
  • les placements (voix légère / voix « profonde »)
  • les intonations (variations de ton)
    etc.

Réécoutez, comparez, améliorez…

Votre émotion vraie

Attention : il ne s’agit pas de rechercher la perfection. Qui n’existe pas !
Au contraire, il faut préparer le terrain pour que l’émotion s’exprime. Pour qu’elle  puisse jouer de toutes les nuances de la palette vocale. Des graves, des médiums, des silences, des accélérations, des arrêts, des sons murmurés, des accents…

Une personne maladroite ou timide peut faire des « ravages », si elle est « vraie ». Dès lors que son message est entendu et compris. En cela, la maitrise de la voix et de la parole est indispensable.

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