Home Voix politiques Portrait de voix : la voix de Martine Aubry

Voici le « portrait » de la voix de Martine Aubry, candidate à la primaire socialiste. Interviewée ici sur les 35h et les collectivités locales.

Qui dirigera la France demain ? Quelle est sa personnalité ? Sa force de communication, son caractère ?  Quelle confiance lui accorder ? La voix dit tout cela.
La voix est au service du message. Elle en est même une des composantes essentielles. Elle peut l’aider ou le brouiller. Le perdre ou le porter.  En ce sens elle participe fortement au pouvoir de la parole.

Écoutons Martine Aubry :

Extrait 1 : interviewée sur les 35h :

extrait 2 : réponse à François Fillon sur les collectivités locales :
A l’écoute des extraits sonores ci dessus, je me pose la question :

Martine Aubry a t-elle vraiment envie de « prendre le pouvoir »… ?

C’est le sujet entre autres de ce « portrait de voix »

Les mots et le pouvoir

Notre manière d’articuler les sons du langage, de mettre en bouche les mots de la langue, traduit notre façon de « prendre le pouvoir ». Sur nous même et sur les autres.

….

Texte de l’exposé sur les 35 heures.

« Les 35 heures ont rempli leur mission. Et je rappelle que leur mission à l’époque c’était lutter lutter lutter contre le chômage. Nous nous étions tous cassés les dents et avec Lionel Jospin pendant une période de 3 ans, 2 millions d’emplois ont été créés. Et chacun s’accorde à dire, même la f droite, que les 35h prennent au moins 500 000 de ces 2millions d’emplois (…)

La voix de Martine Aubry : impression générale

Une voix posée et « ronde », chaude, du fait de ses mediums et de ses graves. Un grain de voix agréable, doux, velouté, même si le timbre ne joue pas de toute la palette de ses fréquences. Une présence sincère et modeste.
Elle nous parle d’une voix pratique, sans chichis.

En creusant l’écoute, voici ce que je note :

1. Ne pas déranger… Dans le premier extrait (35h) on est presque dans la confidence.. La voix est claire mais légèrement contenue, en demi teinte. Comme pour ne pas déranger.

2. Boudeuse... La dominante des médiums et des graves associés à une articulation un peu hésitante et un peu précipitée créent un sentiment de manque d’assurance. Une voix « du bout des lèvres »… Un peu « boudeuse »

3. La respiration est courte ce qui traduit peut-être une fatigue du moment, une inquiétude ou beaucoup d’efforts intérieurs (« elle prend sur elle »).

4. Des voyelles sourdes…. Phonétiquement, elle ne donne pas leur éclat aux voyelles qui sont la couleur, le brillant et le sourire de la langue. Qui lui donnent son ouverture et son amplitude. Les O, A, I, E, AI …).

5. Le manque de voyelles s’entend aussi dans une certaine monotonie de l’expression qui n’invite pas à l’écoute. Défaut de modulation (variations de hauteurs) corrigé dans le 2ème extrait plus « chantant ».

6. Peu de contrastes : Elle ne valorise pas les consonnes qui sont le socle et la dynamique du langage. Sauf dans « lutter, lutter, lutter ». D’où un manque de corps et d’impact dans l’exercice d’une parole en public.

7. Prendre le pouvoir ?... Gravité, égalité de ton, trahissent une personnalité modeste (timide ?) qui n’ose pas toujours « mordre dans les mots » ; affirmer son pouvoir sur le langage. (Depuis peu, elle annonce : « maintenant je peux dire JE »

8. Mettre la parole en scène… Elle ne cherche pas à accrocher l’attention de l’auditeur en donnant du relief au texte, par des variations de ton, des mises en valeur de mots, des arrêts, des reprises, des ruptures, des accents, des silences, des interpellations à son adresse :

« Les 35 heures ont rempli leur mission. Et je rappelle que leur mission à l’époque c’était lutter lutter lutter contre le chômage…. » etc

La phrase est énoncée sans relief. Banalisée.
D’où le sentiment parfois qu’elle nous parle de loin, en spécialiste.

9. La femme. Dans le 2ème extrait vocal, la voix de Martine Aubry se fait plus féminine et variée ; elle module et s’incarne beaucoup plus. Elle en devient plus sensible et du coup plus proche de nous.


On n’est pas là pour plaire

Tout indique chez Martine Aubry un désir de mériter plus que de séduire.
Sa voix n’a ni le temps, ni l’envie de nous caresser ou de nous plaire.
Les mots sont dits pour leur valeur littérale, sans plaisir particulier, sans s’y arrêter, sans s’y attacher : efficaces.

Elle ne prend pas non plus le temps de son souffle et de son corps. Le temps de sa féminité. C’est à dire une façon plus douce, plus ronde, une autre manière d’incarner la parole. Respirer, regarder, sourire, faire des silences. Le temps de s’aimer.
Ce n’est peut-être pas son problème… Dommage pour nous.

On n’est pas là pour se faire plaisir

En résumé une personnalité discrète qui peut sembler froide ou ennuyeuse…
Qui semble nous dire : « on n’est pas là pour rigoler… ! » Ni pour se faire plaisir ! »

Pourtant, le plaisir participe à l’intégration des mots et des idées. Qu’on l’appelle : empathie, conviction, charme, autorité naturelle, séduction.
C’est ce qui fait qu’un orateur n’est pas qu’une machine à débiter du discours mais un être de chair et de sang qu’on a envie de regarder, d’écouter et de suivre.

Les conseils du coach :

– Je recommande à Martine Aubry de « faire entrer le soleil » dans sa voix
Par des exercices de vocalisation (vocalises d’ouverture, chant, etc)
– Apprendre à moduler (varier les hauteurs de ton)
– Un renforcement de l’appui du diaphragme (tonicité des consonnes)
– Structurer et donner du relief à son discours (préparation et mise en bouche)
– Travailler sur l’empathie (relation au public)
– Explorer, jouer, avec les sonorités de la langue parlée
– Développer les notions de plaisir et de partage.

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