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Emission "Paroles de français" du 10 février 2011

Vous avez vu Nicolas Sarkozy à la télé. Vous avez vu un communicant à l’œuvre.
Vous avez aimé ? Vous en voulez encore ?
Vous n’avez pas aimé ? Vous n’êtes pas d’accord ?

Si vous êtes président(e) un jour… quel sera votre style ?
Aujourd’hui, pour une prise de parole, une conférence ou un entretien professionnel à passer… quels sont vos outils ? Pour quel type de communication ?
Qu’est ce que vous faites pour vous préparer ?

D’accord, vous avez les qualités requises. Vous avez les arguments.
Est-ce que c’est suffisant ? Connaissez vous la concurrence ?
Qu’est ce que vous faites pour vous améliorer ?

Quelles leçons tirer de la prise de parole de Nicolas Sarkozy le jeudi 10 février devant un panel de français, sur TF1 ?
Je propose cinq critères d’observation.

–    Première leçon : d’où je parle ?
–    Deuxième leçon : à qui je m’adresse ?
–    Troisième leçon : à quelle hauteur ?
–    Quatrième leçon : quel rôle je joue ?
–    Cinquième leçon : quel est l’enjeu ?

Voici le premier article sur les cinq leçons à retenir de la conférence de Sarkozy

D’où je parle ?

On est tellement convaincu de son sujet et d’avoir raison souvent, qu’on oublie que la communication est faite de règles et de stratégie, par exemple, le lieu d’une rencontre, sa disposition, la place qu’on va occuper et bien sûr l’état intérieur dans lequel on est.



La disposition des lieux.

Selon que vous serez debout ou assis, au centre ou en bout de table, audible ou pas, votre voix pèsera plus ou moins.
Le lieu représente le terrain de jeu. Ou d’affrontement. Ca dépend à quoi on joue !
Il est intéressant d’avoir quelques repères. La place que l’on occupe peut être une aide ou une gêne.

Voici quelques exemples de dispositions de lieux :.

–    L’estrade du professeur ou la chaire du prêtre. Qui surélèvent l’officiant sans écraser l’auditoire.
–    L’amphithéâtre classique où la voix et le regard de l’orateur portent loin ; et plus près de nous, l’amphithéâtre universitaire synonyme de cours magistral…
–    La tribune politique, surélevée au dessus des têtes ; avec ses rangs de chaises frontales d’où la voix du tribun, amplifiée, tombe sur la salle.
–    La table en U de la réunion d’entreprise et son président de séance…
–    L’entretien au coin du feu… cher à Giscard
–    La table familiale traditionnelle avec le père en bout de table…
–    La table ronde des débats politiques où les idées circulent et rebondissent comme des balles de billard.

La table de TF1

La table choisie pour l’émission de TF1, n’adopte aucunes de ces figures.
Elle forme une manière de table ronde sans rondeurs… Un faux U, un faux rond… Asymétrique, toute en angle et morceaux. Très bonne disposition pour éviter une synergie entre les personnes… ! Tous à la même table et néanmoins « éclatés ».

Leçon à retenir

Dans ce cas précis les invités sont piégés. La parole ne peut pas circuler…
Si cela vous arrive, en réunion par exemple montrez poliment votre envie de parler par un geste, un regard, une posture tonique. Soyez « acteur » de votre parole ; même si l’émotion s’en mêle et vous fait bafouiller un peu. Nul n’est parfait, on le sait.

La posture. (Intime conviction)

La question « d’où je parle » m’aide à me mesurer et m’évaluer, sans jugement.
Évaluer mes valeurs, mon urgence, ma culture, mes diplômes, la concurrence… mesurer si ça en vaut la peine ou pas ; et si oui, quelle stratégie… ?
Cela se travaille par des exercices techniques de respiration, de visualisation, de mise en voix, de structuration de sa parole, de gestion des émotions.

Les questions à se poser sont :

–    Est ce que je suis prêt techniquement (connaissance du sujet) ?
–    Est-ce que je suis prêt psychologiquement (confiance en soi) ?
–    Est-ce que la situation est équitable ? Est ce que j’ai mes chances ?
–    Est ce qu’il y a un facteur dominant que je ne pourrais pas inverser ? (Supériorité par le nombre, par la compétence ou autre…)

J’ai l’exemple d’un architecte des bâtiments publics qui avait régulièrement un projet à soumettre devant des commissions de sélection, et qui échouait…  par timidité !
A la fin il se faisait représenter par son assistant. Moins bon techniquement mais meilleur verbalement ; ce qui lui permettait de sauver un projet sur cinq !

On le vérifie tous les jours, l’expression orale, la parole en publique sont des enjeux. A la fin de l’émission sur TF1 « paroles de français », c’est la frustration qui l’emporte. Le sentiment pour les participants d’être des « amateurs » face à un pro…
Sentiment que résume le jeune agriculteur en deux phrases :

Avant l’émission il déclare :

(Parlant du président) « Moi il ne me fait pas plus peur que çà… Il est avant tout quelqu’un qui doit décider au quotidien et moi j’ai un métier où je décide au quotidien »

Après l’émission :

« C’était un peu présomptueux de ma part… exercice beaucoup trop compliqué… »

Leçon à tirer :
On peut connaitre le sujet et avoir foi en sa propre détermination, il faut savoir avec qui on joue. Il y a un proverbe qui dit : pour manger avec le diable il faut une longue cuillère… Et pour discuter avec le président ?

Questions

  • A votre avis pouvaient-ils faire mieux ?
  • Si oui, qu’est-ce qu’ils auraient du faire ?
  • Y avait-il ou pas une stratégie « plateau » de TF1 ?

A lire aussi
Prise de parole : 2ème leçon de Sarkozy /  à qui je m’adresse ?
Prise de parole : 3ème leçon de Sarkozy /  à qui je m’adresse ?
Prise de parole : 4ème leçon de Sarkozy / Quel rôle joue-t’il ?
Prise de parole : 5ème leçon de Sarkozy / Quel est l’enjeu ?

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    Bordure
    4 Réponses à cet article
    1. Jean

      Ma passion de la communication pourtant réelle et sérieuse n’aura pas suffi à me faire regarder ni écouter ce show.

      Ayant perdu ma chance au grattage, tu me proposes un super tirage de pro qui fait de moi un heureux gagnant : ton analyse pertinente – sans la souffrance – et j’apprécie énormément.

      J’attends avec beaucoup d’impatience les 4 autres leçons que tu nous promets.

      à très bientôt
      Alain

      • Alain, je ne doute pas de ta passion « réelle et sérieuse » et je comprends ton intérêt pour d’autres choses plus importantes que certains show…
        Je pense avoir un côté voyeur ou entomologiste (chasseur de papillons) qui veut tout voir, qui ne fait pas de distinction entre toutes les espèces de communicant. pour mieux les comprendre et les étudier…

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