Présentation et prise de parole: 3 conseils pour vaincre son trac

Êtes vous un MDT ?  (Mort de Trac)

Le trac n’est jamais loin. Si vous êtes comme moi, l’idée de passer un oral doit vous tordre les boyaux. Oral du bac, entretien d’embauche, exposé, approche amoureuse, demande d’augmentation…
Mourir de trac vous connaissez ? Ce sont des nuits et des nuits sans sommeil. Ce sont des jours entiers, à se trainer, malade le ventre chamboulé. Cf la chanson : Je n’suis pas bien portant ».


Faites vous partie de la fraternité des MDT ?
Pour le savoir je vous propose un jeu. (On peut rire du Trac comme du Grand Méchant Loup… quand il est loin !)
Répondez par OUI ou par NON à chacune des 9 questions ci-dessous.

Avant de prendre la parole en public, avez vous :

1.    Les mains moites ?
2.    Les jambes coupées ?
3.    Les extrémités glacées ? Des sueurs froides ?
4.    Les dents qui claquent. Les bouts des doigts qui tremblent ?
5.    Des palpitations. Le cœur qui bat fort ?
6.    L’appel des gogues. La courante (diarrhée) ou l’envie de vomir ?
7.    La rougeur qui vous envahit ?
8.    La bouche sèche. La langue pâteuse ?
9.    L’impression d’être nul, que le public va le voir ?

Quel est votre niveau de trac ?

Diagnostic
Additionnez les OUI et comptez vos points sur l’échelle des traqueurs.
9 OUI c’est le niveau maximum, marqué Trac-9

Trac-9 = Vous êtes au top. Une bête de trac ! Vous êtes d’une pâleur mortelle. Vous passez du jaune au vert si vite qu’on vous croit mort et ressuscité. Vous pouvez postuler au titre de Monsieur (ou Madame) MDT. Vous serez interviewé, invité, couronné. Une vraie star !
Le danger : vous risquez d’y prendre goût et de perdre votre trac.

Trac-8 : Vous êtes élevé au rang de Grand Chevalier du Trac. Attention toutefois à ne pas vomir sur le jury ! C’est mal vu… !

Trac-7 : Vous êtes un chef dans votre catégorie. Vous bafouillez comme personne. Et le public se demande si c’est du français ou du Serbo Croate. Respect !

Trac-6 : Vous êtes un maitre. On vous a vu les mains tremblantes essayez de lire un discours tenu à l’envers. C’est bien continuez.

Trac-5 : Attention la facilité vous guette ! Vous commencez à vous sentir à l’aise en public. Un vrai traqueur doit toujours trembler. Où est votre souffrance ? Veillez à ne pas mollir.

Trac-4 : Vous êtes doué mais un peu dilettante. Ressaisissez vous. Allez mourir de peur dès la prochaine occasion.

Trac-3 : Il vous arrive de douter ! Vous sentez que vous pourriez parfois vous passer du trac… Êtes vous toujours des nôtres ?

Trac-2 : Vous vous êtes inscrit un peu par inadvertance à ce club. Essayez d’accorder vos actes et vos pensées. Au moins faites semblant d’être mal !

Trac-1 : Vous voulez faire comme les autres, mais l’imitation n’est pas le talent. Il ne suffit pas de dire « je suis ému » pour l’être… Vulgaire !… Un peu de tenue ou de retenue… Passez votre chemin.

          Trac-0 : Qu’est-ce que vous faites sur cette page. Vous vous êtes trompé de jour ou de sujet…


Maintenant, un peu de sérieux SVP !

Comment sortir du Trac ?

Je propose  3 pistes

1.    Bien se préparer
2.    Soigner l’entrée
3.    L’objectif

1 – Bien se préparer

•    Connaitre à fond son sujet. C’est le minimum quand il s’agit d’un oral de concours ou d’un discours. C’est surtout une assurance contre le doute.
•    Répéter devant sa glace, en faisant des grands gestes. « Élargir » son expression. En fait, faire participer le corps à l’effort de mémorisation.
•    Pratiquer des exercices de diction et de mise en bouche. Exemple les « Pastilles vocales »… « Muscler » ainsi sa parole et tonifier son mental.
•    Pratiquer la respiration-visualisation-détente.

 Exercice de respiration visualisation :
 Une main sur le ventre (hauteur du nombril)
 Une main en vis à vis dans le dos (dos de la main)
 Comme deux électrodes de part en part du ventre, dont l’énergie va vous traverser.
 Effectuer une inspiration basse et large entre les 2 mains
 (sans engager le haut des poumons). 3 fois.
 4ème fois Inspirer et bloquer l’inspiration (apnée) « ventre plein »
 aussi longtemps que possible et sans gêne (ne pas aller jusqu’au manque d’air.
 Observer les sensations au niveau des viscères :
 Plein, vide, chaleur, légèreté, lourdeur, chaud, froid, etc.
 Lâcher. Observer la détente qui vous vient.
 5ème fois : Inspirez, bloquez et pensez OUI. Le ventre prend la forme imaginaire du OUI.
...

Ensuite vous pourrez remplacer le OUI par des variantes : « j’ai confiance / tout va bien / … » etc.
Ceci afin que votre respiration elle même soit permission, bien être ou puissance. A pratiquer dans les minutes qui précèdent une situation difficile.

2 – Soigner l’entrée

Ne jamais entrer en panique…

•    Dans la minute qui précède, avec les paumes des mains, massez, bougez les traits de votre visage (éveil expressif)
•    Faites 3 inspirations dilatation (cf exercice précédent)

Quand c’est à vous :
•    Entrez d’un pas ferme (2 ou 3 pas assurés)
•    Posez vous sur vos deux jambes (sans raideur). Prenez une inspiration.
•    Saluez du regard ou d’une voix claire, l’auditoire ou chaque personnes (Bonjour Madame, Monsieur, etc.)
•    Si c’est nécessaire, énoncez vos Nom et Prénom, distinctement. De manière affirmée. Faites autorité dès l’entrée.

Chaque geste qui vous pose vous aide à poser votre respiration et votre propos.
Et met le public à l’aise. Forcez-vous à parler haut et distinctement.

3 – L’objectif

S’appuyer sur l’instant présent (plaisir) et sur l’objectif.

1 – Qu’il s’agisse d’une raison professionnelle ou personnelle efforcez vous d’être dans  l’instant et dans le plaisir.  Que votre parole se donne comme un cadeau, qu’elle ait pour vous une valeur en bouche, de la saveur…
Comment ?
En ayant du plaisir à prononcer les mots, à les faire entendre. Comme une nourriture savoureuse dont vous faites profiter votre auditoire.

2 – Le trac peut venir à un moment, de la perte des repères : « qu’est-ce que je fais là devant ces gens ? »… Comme quand on se regarde pédaler ! (et que l’on tombe !)

Gardez présent à l’esprit votre objectif et au delà, le bénéfice que vous en aurez : communiquer, informer, convaincre, vendre…
Plutôt que de se regarder pédaler, regarder où l’on va

Imitant Beaumarchais j’ajoute : pressons nous d’en rire aujourd’hui, de peur d’en pleurer demain…

Articles qui traitent d’un sujet proche

Timidité et voix qui tremble
Changer de voix : à qui s’adresser

Gagner en présence : 10 conseils à François Hollande

Il y a d’autres symptômes de trac que ceux énoncés dans cet article.  Je vous invite à nous faire part des vôtres. A déposer ci dessous dans vos commentaires, les situations cocasses, dramatiques ou insolites que vous avez connu…

9 réponses
  1. Thierry Grolaud
    Thierry Grolaud dit :

    Bonsoir,
    Comme c’est difficile de gérer tout ça ! Grand traqueur devant…tout le monde et la chose s’accentuant mois après mois, j’ai du me résoudre à quitter la scène tant j’étais malade avant d’y entrer. J’ai du ab andonner mon métier de comédien et de chanteur pendant 11 ans tellement j’avais le trac. A la demande d’un ami, je me suis cons acré à l’enseignement du travail vocal. C’est pour ne pas transmettre ma peur aux élèves que je me suis battu pour gérer ce trac.
    Aujourd’hui je peux dire que j’ai vaincu mes démons. Je suis retourné sur scène et y ai retrouvé le plaisir de mes débuts. La joie de partager des moments fantastiques avec d’autres comédiens et musiciens.
    Jean a une fois de plus raison dans son article. Ses 3 méthodes sont justes. Je rajoute, si tu le permets Jean, qu’il faut vivre et jouir de l’instant présent sans même songer aux enjeux qu’il entraine, oublier le reste. Nous sommes là, devant un public, un juryparce qu’ils sont venus pour nous entendre, ils nous attendent.
    Enfin pour finir, Louis Jouvet, énorme traqueur disait à une jeune comédienne : «Vous n’avez pas le trac ? Ne vous inquitez pas mon petit, ça viendra… avec le talent.»
    C’est un long travail mais on en vient à bout. Courage à tous !

    Répondre
    • Jean Sommer
      Jean Sommer dit :

      Bonjour Thierry
      je te remercie pour cette belle confidence qui me remet en mémoire beaucoup de moments où le mal d’être m’a gâché le plaisir de la scène.
      Aujourd’hui sans êtres artiste beaucoup de personnes sont soumises à ce diable infiltré qu’on appelle « le trac ».
      Tout est bon pour le chasser. mais en fait il ne nous quitte jamais… comme la peur, la joie, la colère, tous les sentiments forts .
      Le mieux est de SE changer pour le changer. Comment ? En faisant comme tu dis : « jouir de l’instant présent ».
      C’est là que les notions de sagesse et d’expérience prennent toute leur valeur.
      – par la sagesse, on arrive à relativiser, trouver les gestes d’apaisements (envers soi), les bonnes respirations, etc.
      – par l’expérience, on « banalise » ce qui nous faisait peur jusqu’à l’intégrer à sa vie
      Merci de ta belle collaboration.

      Répondre
  2. Armel
    Armel dit :

    Mes symptômes (avant un match, un penalty à jouer, une personne que je rencontre pour la première fois, une femme qui me séduit ou que je trouve belle, une grande personnalité, un examen, un entretien, …) sont:

    – l’envie d’uriner ou de faire mes besoins ;

    – la lèvre supérieure qui bourdonne et n’arrête plus (au beau milieu du discours) surtout quand je suis en colère ou que quelqu’un me contrarie ou que je dois répondre à des contradicteurs

    – la panique (quand quelque chose qui n’était pas prévu arrive)

    Répondre
    • jsommer
      jsommer dit :

      Bonjour Amel
      Aïe aïe, je souffre avec vous. je connais.
      En tous cas l’effet toilettes et suite…
      Je connais maintenant un procédé qui arrête les symptômes. IL suffit de bloquer le diaphragme
      en position de tension basse comme une barrière ou un barrage intérieur entre le bas ventre et le haut du thorax.
      Je pense faire un jour un gros plan sur la question. La colère fait partie des énergies premières (comme la peur / le trac) à canaliser.
      Je vous souhaite plein de pénalty réussis et beaucoup de conquêtes en tous genres.

      Répondre
  3. Valentin Coach Éloquence
    Valentin Coach Éloquence dit :

    Je rejoins avec fierté le club très select des MDT ! Il y a une carte de membre ?

    En effet, j’ai TOUJOURS le trac avant d’intervenir à l’oral. Plus ou moins fort, certes. Mais le stress est là. La différence avec la plupart des gens ? C’est que j’ai appris à gérer ce trac. On ne peut pas le faire disparaître. Mais on peut s’y habituer, apprendre à mieux le maîtriser, et transformer cette énergie a priori négative en énergie positive. Mon principal secret ? S’entraîner, s’entraîner et s’entraîner encore. Et si possible sous le regard bienveillant d’un coach 😉

    Merci pour ce bel article et ces très bons conseils Jean, je fais tourner !

    @ Thierry : cette formule sur le trac et le talent : n’est-elle pas attribuée à Sarah Bernhardt ?

    Répondre
    • jsommer
      jsommer dit :

      Hello Valentin, je suis très fier de t’avoir comme membre d’honneur des MDT. Je n’avais pas pensé qu’on pourrait en faire un club. Avec carte, titres,
      comité d’administration. Et degrés : 1/2 MDT – 3/4 MDT – Total MDT
      C’est une très bonne idée. A creuser par ces temps de doute et de concurrences diverses
      qui transforme le moindre entretien d’embauche en oral du bac…
      A ma façon si je suis le diagnostique tu représentes l’hôpital gràce à ton savoureux Club de L’Éloquence.
      Nous avons de belles heures en perspectives à partager.

      Note : il es t attribué à Sarah Bernard d’avoir déclaré à une jeune comédienne qui s’étonnait de ne pas ressentir de trac en scène :
      « Mademoiselle, ne vous étonnez pas, cela vous viendra avec le talent »…

      Répondre
  4. Chantal
    Chantal dit :

    Bonjour ,
    Je suis tombée par hasard sur la vidéo que vous avez faite « comment améliorer sa voix » et elle m’a beaucoup émue. J’ai adoré vous écouter. Ce que vous dites m’a beaucoup touchée car je vis ce que vous dites et malheureusement, cela a tendance à empirer avec les années. J’ai eu une enfance avec une soeur et deux frères à fort caractère et j’avais donc du mal à me faire entendre. Je me retrouve actuellement avec des collègues qui ont également beaucoup de caractère et j’ai encore du mal à me faire entendre. Je parle très bas. Je ne m’exprime pas. Je me renferme de plus en plus avec les années. Tout est bloqué, la parole ne sort pas. Ma machoire, ma bouche sont souvent crispées. Quand vous dites : ne pensez qu’aux relations humaines et laissez de côté les émotions, c’est exactement ce que je fais. Je me laisse déborder par mes émotions (souvent négatives). Je voudrais changer mais comment y arriver. En plus, j’ai un manque de confiance en moi énorme et j’ai peur de la relation avec les autres, ce qui n’aide pas beaucoup. Je me suis coupée des autres. Heureusement, j’ai un mari qui me comprend et avec qui je me sens bien. En tous cas, avec vos petits conseils, je vais essayer de m’améliorer. Merci pour cette vidéo qui m’a fait comprendre que je ne suis pas anormale.

    Répondre

Trackbacks (rétroliens) & Pingbacks

  1. […] Bienvenue chez les MDT Passe ton bac et vive la vie ! […]

  2. […] Articles en rapport : Alertez les parents, votre enfant vous demande Gagner en présence Morts de trac ?… […]

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *