Je suis cité dans Le POINT du 6 aout 2015 dans un article intitulé
« Les drôles de voix des politiques”.
Cet article aborde :
le rapport entre la voix des politiques et l’impression qu’ils donnent.
Avec moi dans l’article 2 autres coachs de la voix auxquels je rends hommage
pour leurs analyses intéressantes.

La voix : objective et subjective

PUOTOS politiques2
Il y a toujours une part de subjectivité dans l’écoute d’une voix.
La voix traduit et « trahit » celui qui parle.
Il y a la part de ce que l’on entend. Et la part de ce que l’on ressent.

  • La voix donne du sens à ce qui est dit par la manière de le dire (Diction / Elocution / Phrasé / Rythme…)
  • La voix parle à nos émotions (auditeur) par la personne de l’orateur (timbre /Respiration / placement de voix / Ton…)

La même voix en meeting public ou à la radio change de couleur. S’ajuste, s’adapte au type de communication.
En fait la voix est un outil.
C’est pourquoi je trouve décevantes les réponses des officiels aux questions de la journaliste. Quand par exemple elle interroge le chargé de communication de l’Elysée.
Je cite :

« Le Président bénéficie t-il d’un entrainement vocal ? »
La réponse fuse. : « Non pas du tout. – Pourquoi ? – Nous avons d’autres priorités ».

Ségolène Royal à qui il aurait été proposé de travailler avec un coach, aurait refusé, craignant : « d’être changée ».
Changée en quoi ?
Ces réponses m’inspirent trois réflexions concernant le rapport à l’expression orale, de nos politiques et des institutions dont ils sont représentatifs.

1 – le mépris

La forme (la voix) n’aurait pas d’importance pourvu qu’il y ait le fond (le message).
Vieille séparation entre la pensée, noble par définition
Et le corps, la voix, vulgaire sans importance.
« Nous avons d’autres priorités… »
Comme si mieux dire pour être mieux compris relevait de la coquetterie ou du caprice.
D’ailleurs la journaliste aurait demandé :
Le Président bénéficie t-il d’un coiffeur spécial ? D’un tailleur ?
D’un photographe ?…
Je pense qu’elle aurait été mieux reçue. En tous cas, la réponse aurait été plus conciliante. Et tombant sous le sens. Oui le président a besoin d’un coiffeur.
Son image a valeur d’exemplarité. Oui le Président a besoin peut-être d’un masseur pour garder la forme au même titre qu’un sportif.
Ou tout autre spécialiste attaché à sa personne, hautement sollicitée et représentative du pays.
Au travers de la voix, c’est la langue qui est portée ou sacrifiée.
Un responsable ou un leader que l’on n’a pas envie d’écouter participe au fond d’ennui général. Il discrédite en partie sa fonction. Là où il devrait être stimulant pour ceux qui l’ont porté à la tête (du groupe de l’équipe ou de l’état). Il produit l’effet inverse. Il génère le doute ou il décourage.

2 – L’ignorance

 
La peur « d’être changé », de perdre son naturel ou sa spontanéité…
Autant de préjugés qui sont la marque d’une ignorance générale et du mystère qui entoure la voix. Comme si il s’agissait d’un sujet intouchable ou magique…
Alors que notre voix, notre phrasé, notre modulation, notre diction, sont le résultat de facteurs additionnés : morphologie, milieu, culture, influences, caractère…
Est-ce que pour tous les types de voix, hommes ou femmes : le « débraillé vocal », les tics, la mollesse de ton, les nasales agressives, les fausses notes, les mots inaudibles, sont à conserver au titre du naturel ?
Est-ce qu’un médecin, un entraineur, un prof de rhétorique, un diététicien vous fait perdre votre naturel en vous conseillant ?
D’ailleurs quel est vraiment le naturel de professionnels sans arrêt exposés aux flash, aux projecteurs de la scène et des médias… ?
Et qu’est-ce qu’il reste du naturel ?
Justement il serait intéressant d’enseigner à nos enfants et futurs communicants qu’il y a différentes voix en chacun. Différentes voix pour différents usages. La voix familière pour les proches. La voix soutenue pour communiquer socialement ou professionnellement.
C’est ce que pratique les anglos saxons et particulièrement les américains qui savent qu’une personne s’exprimant avec aisance, saura d’autant mieux se défendre dans la vie et s’imposer.

3 – Le conservatisme

 
La voix fait peur ! Dans la mesure où elle échappe à la rationalité de la pensée logique qui est le propre du français. En fait la voix nous transporte sur le terrain de l’émotion à laquelle notre culture ne nous a pas préparés.
La voix n’est pas encore comprise comme outil. Un outil à notre service. Que l’on peut apprendre à maitriser. Pour améliorer sa communication, pour gagner en confiance, en légitimité et en clarté.
L’idéal de notre enseignement voudrait que l’on parle comme des livres… Mais c’est dans la tête. Car les mots en bouche ramènent dans la vraie vie, avec des vraies personnes dans un vrai parler. Avec ses défauts, ses accents, ses maladresses…
Un vrai parler qui peut s’améliorer pour qui y travaille un minimum.
C’est de cela dont profitent les guignols de l’info en caricaturant une réalité que l’on voudrait faire oublier. Ou qui n’est jamais abordée dans les écoles.
Après tout on accepte qu’un président fasse l’effort de bien présenter, être bien peigné, avec lunettes assorties, costume, cravate…
Tout pour le visible… Et rien pour l’expression orale.
L’expression orale autrement dit la politesse envers celui qui m’écoute. Pour que cette écoute lui soit facile et agréable.

Il y aurait bien d’autres choses à dire sur la voix.
Entre autres : mieux on s’écoute et mieux on s’entend.
Et mieux on s’entend mieux on apprend à se faire entendre.

Pour lire l’article intégralement cliquer sur les liens ci-dessous :
Le-POINT-Voix-1.
Le-POINT-Voix-2

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